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Psychopathologie de l'adulte

I- Comment la pensée freudienne s'avance sur le terrain de la psychopathologie...

1- Névrose d'angoisse

- Névrose d'angoisse ou registre des névroses actuelles :
En raison d'une insuffisance de la symbolisation, la revendication pulsionnelle reste non liée, sans représentation; elle ne peut pas être conflictualisée comme mouvement de désir. C'est à dire que cette source de tension sidérante apparaît sans objet. On retrouve ici la névrose d'angoisse, la neurasthénie puis l'hypocondrie.
On a à faire, avec ces névroses actuelles, à une perturbation du sexuel qui est actuelle, d'origines diverses (abstinence, insatisfaction du rapport sexuel, incomplétude de l'acte, interdit, excès masturbatoire). De tout ça, on a retenu l'insuffisance d'une élaboration symbolique.
a- Tableau clinique
- Existence d'une très grande excitabilité générale

On trouve dans ces névroses d'angoisse l'existence d'une très grande excitabilité générale qui provoque un grand nombre de troubles, comme l'hyperesthésie par exemple. Cette sensibilité excessive provoque des sentiments d'oppression, de déplaisir.
Avec ce seuil d'excitabilité très bas, on a donc un niveau d'excitation interne élevé en continu. Ainsi, la névrose d'angoisse est en lien avec une surcharge d'excitations.

- L'angoisse

Un sentiment d'inquiétude est persistant, les menant à être dans l'attente permanente de circonstances susceptibles de venir alimenter leurs inquiétudes. Cette tension de fond, qui n'est pas forcément perçue comme de l'angoisse, est appelée angoisse flottante, latente.
L'angoisse peut aussi se présenter sous sa forme paroxystique, ei très brutale et sans motif apparent. La nature psychique de l'angoisse est méconnue par le sujet, d'où le fait qu'il se raccrochera souvent à n'importe quelle idée susceptible de la justifier.
L'angoisse peut enfin être masquée par des manifestations somatiques : oppression respiratoire, douleurs diverses, notamment sur la sphère gastro-intestinale...

Tous ces signes peuvent venir en l'absence d'angoisse et on parle alors d'équivalents de l'angoisse. Ainsi, névrose d'angoisse caractérisée par une tension permanente, l'angoisse flottante, qui ne demande qu'à se manifester de façon intense pour que les circonstances lui prêtent corps. Il y a donc un quantum d'excitation interne en excès.

b- Etiologie de la névrose d'angoisse

L'angoisse, pour Freud, c'est la libido déliée, qui n'a pas trouvée de forme représentative sur la scène psychique (1ère théorie de l'angoisse). Le refoulement coupe le lien entre l'affect et la représentation, évitant ainsi une forme d'angoisse, mais créant les conditions nécessaires pour que l'affect libre se trouve transformé en angoisse. Le mécanisme de la névrose d'angoisse est à rechercher dans la dérivation de l'excitation sexuelle somatique à distance du psychisme et dans une utilisation anormale de cette excitation, qui en est la conséquence.

Les représentations ne sont pas données en même temps que l'affect. Et pour que l'affect soit qualifié, il faut un travail d'élaboration psychique, de liaison. Or, dans la névrose d'angoisse, l'excitation induite par le sexuel ne fait pas l'objet d'un travail de liaison. Donc elle ne peut pas trouver de voie de décharge. Ce quantum d'excitation s'accumule alors jusqu'à un état de stagnation, d'où la notion de libido stagnante. Cette tension maintenue non liée va trouver un point d'ancrage sous la forme de l'attente anxieuse.
La crise d'angoisse résulte donc d'un effort élaboratif, même si le résultat est malencontreux.

C'est donc un défaut de psychisation qui est en cause, car la libido stagnante pourrait trouver d'autres voies de décharge, comme la sublimation par exemple. Et la libido s'écoulera alors sur le terrain du somatique.

2- Psychonévroses de défense

Définition :
le sexuel est investi psychiquement mais la liaison s'avère éronnée. Il n'y a donc pas un manque de liaison, d'élaboration, mais un déplacement de sa destination.
Il y a séparation de la représentation d'avec l'affect, affect qui doit nécessairement demeurer dans le domaine psychique. La représentation désormais affaiblie demeure dans la conscience à part de toutes les associations, mais son affect devenu libre s'attache à d'autres représentations, en elles-même non-inconciliables
L'accent va être mis sur une psychogénèse, sur un processus progressif de construction tout au long de l'histoire, en lien avec l'hypothèse d'une conflictualité intrinsèque liée à l'activité psychique elle-même. Cette conflictualité est liée à la question oedipienne.

Freud caractérise ici une famille de névroses dont les symptômes se caractérisent par une situation d'inconciliabilité dans la vie représentative du sujet entre un évènement, une représentation, une sensation, et son Moi qui a pour conséquence que la personne décide d'oublier la chose, ne se sentant pas la force de résoudre par le travail de pensée la contradiction entre cette représentation insupportable et son moi. La personne met ainsi en oeuvre diverses tentatives de défenses, menant à divers réactions pathologiques produisant soit une hystérie, soit une obsession, soit une psychose hallucinatoire.

a- La part de l'angoisse

A noter tout d'abord que l'angoisse est ici moins centrale que dans névrose d'angoisse.

Dans l'hystérie de conversion : l'angoisse est très discrète mais des symptomatologies variées prolifèrent : troubles sensoriels, hyperesthésies, crises de convulsion, paralysies...

Dans l'hystérie d'angoisse : ici l'angoisse n'est pas flottante mais se manifeste de façon aiguë seulement dans certaines circonstances. Par exemple liées à l'espace, et on parle alors aujourd'hui de phobie.

Dans la névrose obsessionnelle : l'angoisse est présente mais sous la forme de manifestations compulsives, obsédantes.

Ces trois névroses ont un point commun, l'action de la défense, qui vient en lieu de l'angoisse semblant permettre une certaine économie psychique.
Contrairement à la névrose d'angoisse, il y a de l'élaboration psychique qui arrive à se rattacher à la libido statique.

b- Le rapport au sexuel
- Une élaboration psychique du sexuel mais dont la destination est éronnée

Pour Freud, dans ces psychonévroses, le sexuel est omniprésent sur la scène psychique. Mais il n'y a que les représentations qui font l'objet d'un surinvestissement, qui semblent n'avoir aucun rapport avec le sexuel.

La cure psychanalytique apprend à Freud que les représentations anodines ne sont pas sans rapport avec le sexuel. On a donc un déplacement de la libido, un déplacement de son propre objet à d'autres objets.
Le rapport entre les représentations surinvesties et les représentations sexuelles paraîtra arbitraire, peu motivé ou vaguement allusif. Le processus de liaison à l'oeuvre fait partie de ce que Freud a nommé processus primaire, qui ont été impliqués dans l'élaboration du symptôme. Ainsi, la valeur substitutive de l'objet investi est masqué donc l'exigence sexuelle en jeu reste provisoirement méconnaissable. Cette poussée du sexuel n'est pas sans représentation sur la scène psychique mais son action reste voilée grâce à ce déplacement des investissements.

Le rapport du sujet au sexuel reste celui de la méconnaissance.

On a ainsi une élaboration psychique du sexuel mais dont la destination semble éronnée.

c- Une défense de nature différente

Il y a une continuité sur le plan des problématiques en jeu chez le normal et le pathologique, et sur le plan des mécanismes protecteurs : le refoulement est universel.
Cependant, les modalités de fonctionnement sont différents. Pour certains, la formation de compromis est plus ou moins efficace. Le fossé est n'est comblé que partiellement.
Dans le meilleur des cas, on a une organisation de type névrotique. Mais tout le monde ne s'organise pas autour de symptômes, substituts névrotiques. D'autres modalités d'existence, mais qui ont la même fonction.

Freud tente de regrouper un grand nombre de catégories dans les psycho-névroses de défense, caractérisées par l'existence d'un conflit, les manifestations symptomatiques étant la face visible des activités défensives.
Il s'attache a faire apparaître les analogies plus que les différences, mais ça ne veut pas dire qu'il ignore ces différences.

En 1894, dans Les psychonévroses de défense, il souligne l'existence de différences fondamentales : Dans les deux cas, la défense en jeu peut ne pas être de même nature.
     - Pour ce qui est destiné à devenir une névrose, la défense, c'est la Verdvängung, le refoulement.
     - Pour la psychose, le mécanisme c'est la Verwerfung, le rejet, l'abolition, la forclusion.
P12 : Il existe dans la psychose une espèce beaucoup plus énergique de défense qui consiste en ceci que le Moi rejette (verwift) la représentation insupportable en même temps que l'affect et se comporte comme si la représentation n'était jamais parvenue au Moi.

- Le refoulement pour les névroses

- dans l'hystérie :La représentation inconciliable est rendue inoffensive par le fait que sa somme d'excitation est reportée dans le corporel, processus par lequel je proposerais le nom de conversion hystérique
Le refoulement, ei un processus qui fait que la représentation ne bénéficie pas d'un investissement psychique conscient. L'affect libre viendra s'attacher par contre-investissement à d'autres représentations anodines. Affects et représentations n'ont pas le même destin. La représentation est soumise au refoulement, pas l'affect.

- dans les phobies et obsessions : cette aptitude à la conversion n'existe pas toujours : la séparation de la représentation d'avec son affect est alors mise en oeuvre :la représentation désormais affaiblie demeure dans la conscience à part de toutes les autres associations, mais son affect devenu libre s'attache à d'autres représentations, en elles-même non inconciliables, qui, par cette fausse connexion, se transforment en représentations obsédantes. D'où une théorie psychologique des phobies et obsessions.

En effet, dans le temps d'élaboration, un obstacle survient. Les investissements libidinaux sont détournés de leurs objectifs par le refoulement qui permet d'éviter que le conflit psychique ne s'instaure sur la scène consciente. Il fait en sorte que ce mouvement de désir ne soit pas pris en compte sur la scène consciente. C'est un refus de prise en charge, pas une expulsion. Les affects deviennent déliés, libres. Un autre mécanisme va alors intervenir : le contre-investissement qui permettra aux quantités déliées de trouver une forme représentative. Le contre-investissement offre, de manière trompeuse, à l'investissement libidinal de nouvelles voies de liaison.
Ainsi dans l'hystérie de conversion, le contre-investissement vient investir l'organe. Cette conversion suppose un travail d'élaboration. Et l'organe choisi est sensé représenter un équivalent de la représentation érotique; il est érogénéisé et en perturbe son fonctionnement.
Il suffit d'une contiguïté, d'une analogie de forme, pour que le contre-investissement oriente la libido vers ces représentations car il est régit par le processus primaire pour lequel la négation n'existe pas, la ressemblance même superficielle suffit à fonder l'équivalence.
Le lien paraît arbitraire, même plus, il faut qu'il le soit pour qu'il y ai contre-investissement. Cette caractéristique de mise à l'écart est essentielle. Plus les voies sont distantes et plus l'action de la défense est réussie.

C'est à ce prix que le sexuel apparaît comme étant hors et à ce prix qu'un contrôle de l'angoisse est possible. Ce rôle de méconnaître est permis par le contre investissement.
Le symptôme est un moindre mal, il est une solution, une formation de compromis face à deux menaces :
     - le risque de débordement du sexuelle
     - le débordement incontrôlable sous forme d'angoisse.
La défense à l'oeuvre est une nécessité pour l'existence d'une conflictualité intra psychique.

Ainsi dans la névrose, la représentation subi un destin différent de celui de l'affect. Elle fait l'objet du refoulement, ne bénéficie pas d'un investissement conscient.
Le résultat en est que le quantum d'investissement reste nul (ce que Freud appelle l'affect). Sauf si le contre investissement permet la formation d'un compromis qui est le symptôme.
C'est le conflit intra psychique qui est déterminant, à l'oeuvre dans toute psychonévrose de défense ( hystérie, névrose obsessionnelle, confusion hallucinatoire et paranoïa)

- La forclusion pour les psychoses

     - dans la psychose hallucinatoire : Un autre type de défense, beaucoup plus radical, consiste en ceci que le Moi rejette (verwift) la représentation en même temps que son affect et se comporte comme si la représentation n'était jamais parvenue jusqu'au Moi. Mais au moment où ceci est accompli, la personne se trouve dans une psychose que l'on ne peut qualifier que comme 'confusion hallucinatoire'.
Les deux en même temps sont rejetés. C'est une forme de rejet radical comme si rien n'était advenu à la psyché. Il y a eu forclusion, il n'y a pas eu de symbolisation de l'expérience psychique.
L'opération du symbolique se trouve être entravée. Dans le refoulement, elle opère, ouvre la possibilité de déplacement, de contre-investissement. Dans la psychose, ce n'est pas possible. Ainsi une certaine expérience qui n'a pu être symbolisée fera retour à travers l'hallucination par exemple. Le forclos fait retour dans le réel.Et les symptômes élaborés, résultant d'une construction, protègent les sujets d'un possible débordement d'angoisse. Ils sont le résultat d'une élaboration défensive, d'où le terme de névrose de défense.

1- Le délire et les rêves dans la Gradiva chez W. Jensen (1907)

Freud a été influencé par les travaux d'autres analystes ( Yung, Abraham ) qui évoquent l'existence de difficultés majeures dans l'abord des psychoses, en particulier pour ce qui est de mettre en place des cures pour les schizophrènes.

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2- Deuxième classement freudien

Après La Gradiva, en 1907, il souligne l'existence d'une particularité centrale sur les psychoses concernant les les anomalies du transfert qui le font conclure (à tort) qu'il n'y a pas de transfert possible dans la psychose. Ainsi, la cure analytique n'est pas justifiée pour s'occuper des psychoses.

A partir de là, quand il sent qu'il y a une rupture, il commence à concevoir la subdivision des psychonévroses en deux catégories différentes :
     - névroses de transfert : hystérie de conversion, d'angoisse, névrose de contrainte, obsessionnelle.
     - névroses narcissiques : regroupe les grandes formes de psychose : schizophrénie, paranoïa ou délires chroniques, PMD.

Ainsi, une ligne de partage vient au sein même d'une catégorie supposée homogène dans les temps précédents. Donc, une ligne de partage qui n'est non plus placée sur la seule base des différents symptômes, mais d'un point de vue structurel.
Les processus en jeu dans la névrose de transfert ne sont pas comparables avec celles de la névrose narcissique.

L'accent est mis, pour les psychoses, sur l'existence d'un désinvestissement de l'objet, une rupture du lien objectal, au profit d'un surinvestissement narcissique. C'est ce désinvestissement objectal qui est à la fois responsable du cataclysme psychique, du phénomène de dissociation dans la schizophrénie, autant que la rupture du contact, la non accessibilité au transfert, qui les rend inaptes au processus psychanalytique.

Cette élaboration freudienne s'affinera jusqu'à la fin de son oeuvre, même si en 1924 dans Névroses et psychoses il le reformulera avec sa deuxième topique : "La névrose est le résultat d'un conflit entre le Moi et son ça. La psychose, elle, l'issue analogue d'un trouble équivalent, conflit qui oppose le Moi et la Réalité", moi qui est sous l'emprise du ça.
Dans un second temps, pour tenter de parer aux effets destructeurs de la perte objectale, le Moi est tenu de reconstruire une Néoréalité, notamment par le biais des hallucinations, des constructions délirantes, lesquelles apparaissent maintenant comme des tentatives ultimes de réparation du lien à l'objet. Les hallucinations seraient tardives dans le processus. Et comme dit Freud, le délire est une tentative de guérison. La néoréalité vient recouvrir la réalité commune, prétendant ainsi annuler toute source de tension. et cette néoréalité est conforme au désir.
La folie est employée comme une pièce là où s'était produite une faille dans la constitution du Moi.
Ainsi, néoréalité au même titre que d'autres compromis sont construits sur ce même mode.

Les symptômes des psychoses les plus remarquables sont tardifs. Ils sont le résultat d'un temps premier caractérisé par la perte objectale, une rupture par rapport à la réalité.
Ce qui permettrait de faire la différence entre les psychoses, c'est le degré de régression narcissique plus ou moins marqué et différent quant aux modalités de cette tentative de guérison qui en constitue les effets positifs.
Dans la démence précoce pure, il y a un détachement de la libido qui serait total avec un retour à l'auto-érotisme. Alors que dans la schizophrénie paranoïde, maintien d'une part infime de la libido en lien avec l'objet : ça donne lieu aux éléments positifs ( délire persécution). Le délire est construit pour maintenir à minima le désir d'objet.
Également en cause dans la paranoïa avec cependant dans ce cas d'autres éléments qui s'ajoutent. Notamment ce que Freud croit repérer sous le terme de retournement de l'affect ou changement en déplaisir qui constituerai la forme particulière du rétablissement de la représentation érotique.
L'objet concerné doit avoir les caractéristiques du même. Ca n'inclue pas la possibilité de l'altérité. A mi-chemin d'une fixation auto-érotique purement narcissique et d'un choix d'objet hétéro-sexuel notamment.
Ca donnerait différentes figures du délire paranoïaque. Notamment:
     - dans le délire de persécution : le renversement de l'affect se réaliserait par la construction :"je ne l'aime pas, je le hais parce qu'il me persécute"      - dans le délire érotomane : "ce n'est pas lui que j'aime, c'est elle. Ce n'est pas le même à l'identique que j'aime, c'est elle parce qu'elle m'aime"      - dans le délire de jalousie : chez l'homme, "ce n'est pas moi qui aime les hommes, c'est elle qui les aime"; chez la femme, "ce n'est pas moi qui aime les femmes, c'est lui qui les aime".

Quelques mots sur la mélancolie et généralement les PMD qui sera détaché des deux autres grandes psychoses dans la mesure où le conflit en jeu est moins un conflit opposant le Moi à la Réalité insupportable qu'un conflit entre le Moi et le Surmoi. Mais, ce Moi ici en cause est un Moi qui est certes en ébauche, mais qui n'est pas parvenu à se construire dans l'expérience de la perte. La menace d'une hémorragie narcissique est majeure dans la mélancolie. L'objet n'est pas incorporable, introjectable.
C'est pour ça que Freud restreindra les névroses narcissiques à la Mélancolie et à la Manie.
Pour les autres formes, il emploiera le terme de Psychose.

Dans la façon de Freud de voir les choses, l'idée du conflit reste au centre. Rien n'est dit quant à l'éventuelle influence désorganisatrice émanant de l'objet lui-même. Las autres auteurs après lui mettront l'accent sur l'aspect désorganisateur du monde.

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